27Avril 1895, 5h15, La catastrophe

Le 27 avril 1895 à 5H15, la digue de Bouzey cède. La vague meurtrière de 7millions de mètres cubes d’eau déferle dans la vallée de l’Avière : Bouzey, Uxegney, Domèvre sur Avière, Oncourt, Nomexy, Châtel sur Moselle.

88 morts sont à déplorer, des millions de francs de dégâts, des villages et des usines à reconstruire.

Les textes et images sont des extraits de deux documents que je possède sur l’évènement. Ces extraits concernent principalement volontairement Uxegney et Domèvre sur Avière.

UXEGNEY BASSE

Le témoignage de Monsieur Morel quelque temps après les évènements montre à quel point la solidarité fut importante et désintéressée :

J’étais boulanger à Uxegney où j’habitais avec ma femme et mes 2 enfants, une maison à 2 pas du ruisseau de l’Avière. Ce matin de l’inondation j’étais à ma boulangerie, travaillant depuis quelques instants lorsqu’un client arriva et me dis :

« Sauvez- vous, la gare de Darnieulles est inondée »

Je sors alors et je vois une énorme masse d‘eau et de boue derrière chez nous, renversant les arbres. Fou de terreur j’appelle ma femme et je fais un geste de désespoir au maire d’Uxegney Mr Poissenot qui accourt de mon côté. En même temps un cri sort de ma poitrine : « mes enfants, sauvez mes enfants qui sont demeurés au lit »

Mais l’eau arrive en bouillonnant et pénètre dans ma maison. Le maire malgré le danger m’aide ainsi qu’une voisine à descendre mes enfants et grâce à lui nous avons la vie sauve.

Il était temps ! A peine étions-nous à 15 m de la maison qu’elle s’écroulait, renversée par le torrent.

Comprenant alors l’immense service que m’avait rendu Mr Poissenot, je voulus le remercier, mais il m’avait déjà quitté : A ce moment il était chez mon voisin Mr Bonnard ou, aidé de son fils, ils sauvaient  les enfants Bonnard »)

Sur les bords même de l’Avière, à Uxegney basse, on aperçoit des maisons. Du moulin, quelques pierres et une roue ! Ici la mort a accompli son œuvre sans pitié.

C’est en cet endroit qu’a échappé à la mort, par un vrai miracle, un homme qui avait grimpé sur le toit avec sa femme, son enfant et un nourrisson : la vague emporte la femme et les enfants ; la maison craque l’homme tombe sur le grenier à foin ; le plancher formant radeau, part au fil de l’eau et le naufragé échoue sur un monticule. Une heure après, ayant fui, il entrait dans Epinal demi-nu, hagard, étranglé par la terreur et le chagrin. Dans les champs, à gauche et à droite, sur un kilomètre de large, en contre-haut, le fléau a marqué les limites de son domaine ; il a déposé des planches, des arbres, des meubles, en lignes capricieuses.

Au fort d’Uxegney, posté sur une éminence au dessus de la vallée, la vue est stupéfiante. Et pas de possibilité de porter secours à tous ces malheureux, qui flottaient sur le flot en furie. Vers quatre heures une voiture ramène le cadavre de la femme Lachambre ; un drap est jeté sur le corps. La voiture s’arrête au sommet de la montée, sur le chemin de Domèvre. Un rassemblement se forme. Tout à coup un homme fend la foule. Il soulève le drap et met à découvert le visage de la victime.

Les yeux clos, les lèvres contractées, les cheveux rejetés en arrière dégageant le front et les tempes, elle parait dormir d’un sommeil paisible. L’homme, son mari, la contemple longuement en silence. Puis, sa douleur, un instant contenue, éclate. Ce sont des lamentations, des sanglots, des appels : « Ma femme, ma pauvre femme, que vais-je devenir sans toi : je t’aimais tant ! ».

(On trouve une plaque commémorative sur l’église d’Uxegney.)

DOMEVRE SUR AVIERE

 C’est à Domèvre que se présente le plus pitoyable spectacle ; c’est là que le torrent a commis le plus de dégâts et immolé le plus de victimes humaines. Vingt et une maisons abattues !

Trente et une victimes, pour ce village qui compte trois cents habitants. L’aspect du  village est terrible, tant les bâtiments ont reçu d’outrages.

Une boue épaisse, où l’on enfonce jusqu’à la cheville, le couvre presque entier.

On bat les bois, les fourrés, les masses de fourrage entassées par l’eau, pour trouver des cadavres. D’heure en heure on en rapporte, la plupart hideux, torturés par l’élément courroucé. Ils ont voyagé à grande distance. On cite un homme de Bouzey retrouvé à Oncourt, éloigné de six kilomètres. Une femme d’Uxegney est allée jusqu’à Portieux, où l’Avière a jeté son cadavre dans la Moselle ; or d’Uxegney à Portieux, on compte seize kilomètres.

BARAQUEMENTS PROVISOIRES

Le comité central de secours aux victimes, construira des baraquements de type « Espitalier » déjà utilisés à Madagascar. Un sera construit à Domèvre et deux sur Uxegney. Une vingtaine de personnes par baraquement plus un abri pour animaux.

« On retrouvera des années plus tard ce genre d’abri provisoire après 1945. En effet le Ministère (MRU) en construira après les bombardements pour les sinistrés (en version plus élaborée), on en retrouvera à Uxegney et notamment à Dompaire-Lamerey après la bataille de septembre 1944 ».

INDEMNISATIONS

Les 59 sinistrés d’Uxegney déclarent          1 082 297 F

Les 28 de Oncourt et Mazeley                       198 668 F

Châtel sur Moselle                                               1 830 F

Pour 7 sinistrés dont Mme Bodez qui a perdu 8 petits lapins plus la mère le tout estimé à 10 F

Nomexy                                                         1 949 360 F

Ce village est industrialisé et ses usines ont énormément souffert

Sanchey                                                            357 580 F

Chaumousey                                                    365 360 F

Darnieulles                                                      474 159 F

Domèvre sur Avière                                        334 084 F

Frizon                                                              285 740 F

Tout est inscrit jusqu’à la paire de chaussure de Pierre Thill à Frizon estimé à 10 F

5 230 248 F c’est l’estimation totale.

Combien de personnes toucheront leur dû de l’État ?

Bien peu et avec beaucoup de retard.

D.J

                                                                                                                                        

Rétro: 12 Décembre 1999

Ce jour, a eu lieu l’inauguration de la déviation par les deux communes. Les habitants ,partis des deux extrémités se sont retrouvés au pont du Fincieux.Ils ont pu discuter au milieu de la voie et boire un vin chaud. On a compté dans les 400 personnes à la satisfaction des deux Maires (Mr Cossin et Mr Soltys)

Commémoration AFN

Depuis 2003, le 5 décembre de chaque année honore les « morts pour la France » pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie. … Cette cérémonie est l’occasion de rendre hommage aux soldats et civils morts pour la France durant ces conflits, mais également aux rapatriés et anciens supplétifs.

La cérémonie s’est déroulée au monument rond point des 4 communes. les porte-drapeaux, les représentants des associations, et les élus étaient présents. La minute de silence a été respectée.

Commémoration du 11 Novembre 2020

Cérémonie effectuée dans des conditions restrictives, dues à la COVID19. Seulement quelques participants et élus. On a pu noter que le porte drapeau, Mr Closse portait une veste de treillis fabriquée à Uxegney en 1968. Dispersion à l’issue de la cérémonie sans vin d’honneur,

L’origine du lieudit Bois-l’Abbé et de la ferme du même nom

Eugène Martin, ancien instituteur et auteur d’une monographie de la commune, relève dans son ouvrage “Uxegney pendant la Révolution” que l’appellation actuelle “Bois-1’Abbé” résulte vraisemblablement du nom d’un ancien propriétaire, ainsi qu’il est consigné dans le cartulaire de Remiremont à la date du 18 mai 1604 :

“Lettres reversales reçues de Colin, notaire à Nancy, par lesquelles le sieur capitaine Jean Labbé, lieutenant de M. De Haraucourt, au gouvernement de Nancy, s’oblige et promet payer au terme de Saint-Martin, entre les mains du gruyer du Chapitre de Remiremont à Dompaire, un gros pour chaque jour de terre emblavée et ensemencée de 180 arpents d’une contrée de bois appelée communément La Rouveroye, ban d’Uxegney, entre les communes dudit Uxegney d’une part, et celle de Golbey, d’autre part et d’une faigne ou croulière contenant 18 arpents, à lui ascensée par le Chapitre”.

Bois Labbé devint ensuite Bois-1’Abbé, et cette dénomination s’étendit, à partir de 1776, à l’ensemble des terrains qui occupent la partie orientale de la commune, le long de la forêt de la Godelle.

C’est à cette époque que des familles s’établirent en ces lieux : le 25 août 1776 naquit Pierre, fils de Pierre Lavoine, bûcheron, dans les baraques de Bois-1’Abbé et le 3 septembre suivant, fut baptisé Claude Antoine, fils de Sébastien Grosjean, bûcheron, résidant en la forêt dite Le Bois-1’Abbé.

En 1791, pour rendre plus pratique et plus rationnelle l’exploitation de sa ferme, Laurent Grauguell fit édifier une construction rurale (l’actuelle ferme de Bois-1’Abbé) affectant la forme d’un quadrilatère avec cour intérieure.

Au-dessus de la porte d’entrée des appartements est fixée une cartouche et, dans un tympan, on voit, entrelacées une crosse, une épée et une bêche, attributs du clergé, de la noblesse et du Tiers-Etat. De part et d’autre et entre deux fleurons, une inscription renfermant un anachronisme dont la syntaxe et l’orthographe sont fantaisistes : ” Dieu soit bény, j’ai été par nous M. Ruer, capitaine au régiment de Medescan et M. Laurent vaitairent du même régiment lanée de la raiunion des trois ordres 1791″.

Laurent Grauguell continua à habiter Epinal mais confia sa ferme à Nusbaum Jean-Michel et lui adjoignit comme domestique Plumm Gottlieb, déserteur et originaire de Silésie prussienne. Le propriétaire vint ensuite y résider puis, en 1797, la ferme fut occupée par Joseph Lamoise et son domestique Georges Visse.

En 1789, on recensait à Bois-1’Abbé, 2 maisons pour 17 habitants.

De par sa situation isolée, la ferme de Bois-1’Abbé devint aussi un refuge pour déserteurs c’est ainsi, qu’en janvier 1797 le commissaire du directoire exécutif de Domèvre écrivait aux agents municipaux :

“Je suis informé que la désertion des volontaires nationaux est à son comble dans le canton de Domèvre-sur-Avière. On m’a assuré qu’ils arrivent par bandes de cinq, de huit, de dix, à la ferme de Bois-l’Abbé, d’où ils sortent à la tombée de la nuit sans rencontrer aucun obstacle dans leur marche fugitive. Ils invoquent le défaut de paye, le dénuement absolu et la misère où ils sont laissés; ils surprennent la pitié ou s’assurent la complicité du fermier ou de ses domestiques qui leur procurent des aliments, quelquefois même des habits de manouvriers.

Je vous requiers formellement de faire, pendant quatre jours, à compter du 23 nivôse, à deux heures du soir, des recherches et perquisitions exactes à la ferme de Bois-1’Abbé, pour atteindre et arrêter les fuyards qui pourraient s’y être réfugiés. Vous serez assisté d’un chasseur à cheval et d’un nombre de gardes nationaux que j’invite le capitaine de la 3e compagnie à mettre à votre disposition.

En même temps, plusieurs gendarmes disséminés sur différents points aux abords de ladite ferme, pourront vous prêter main-forte, si besoin en est, ou arrêter ces misérables qui compromettent le succès des opérations militaires et le salut de l’Etat”.

cafe-bois-l-abbe

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