Histoire & Patrimoine

Le Fort d'Uxegney

d’après un texte de Jean FORTIER

Le Fort d’Uxegney fait partie de la place forte d’Epinal qui elle-même fait partie d’un ensemble fortifié appelé Séré de Rivières. Séré de Rivières, du nom du général du Génie qui après la guerre de 1870 fut chargé de repenser la défense de notre frontière, suite a l’annexion de l’Alsace-Lorraine (Metz et Strasbourg deviennent des villes allemandes). Ce système fut conçu et réalisé de la Mer du Nord à la Méditerranée. Ce qui fait qu’actuellement, nous pouvons voir tout le long de l’ancienne frontière, des traces de cette fortification.

Ce fort à 2 particularités. La première, la construction Séré de Rivières en pierre est à peine terminée qu’elle est déjà périmée, l’invention de la mélinite et de l’obus torpille en acier permettait de percer ses voûtes très facilement. Il fallut donc envisager des renforcements mais devant le coût, l’armée ne renforce que 4 forts de la place : Dogneville, Longchamp, les Adelphes et Uxegney.

L’ARFUPE, Association pour la Restauration du Fort d’Uxegney et de la Place d’Epinal, a été fondée en 1989. 

Découvrez les actions de l’association et les travaux menés sur leur site internet. 

Site des fils de Victor Perrin

1902-2015 : Naissance et disparition de l’Usine des fils de Victor Perrin

La filature et le tissage ont vu le jour en 1902, son développement est important jusqu’à atteindre son apogée entre 1965 et 1975. L’entreprise Victor Perrin compte alors 500 ouvriers, elle est le poumon économique du secteur d’Uxegney.

Les premières difficultés économiques apparaissent au début de la décennie 80. Les ventes sont en baisse, les diverses vagues de restructurations et de licenciements ne permettront pas d’endiguer cette lente agonie, source de tant de souffrances pour des centaines d’ouvriers profondément attachés à l’entreprise et à leur gagne-pain.

Les sites de Thiéfosse et Uxegney auront un destin mêlé, tous deux fermeront leurs portes en janvier 2005, avec le traumatisme et les difficultés sociales que l’on peut imaginer pour des hommes et des femmes qui imaginaient faire l’ensemble de leur carrière sur le site. Sans compter que nombre d’ouvriers de Victor Perrin et de retraités étaient logés gratuitement dans les cités ouvrières, le plus souvent sans bail, sans le moindre document de nature à justifier le droit qui était le leur d’occuper leur logement.

Pour la Commune, s’ouvrait alors le dossier Victor Perrin et une préoccupation constante : quel devenir pour un site industriel 55.000 m² comprenant 35.000 m² de bâti ? 


2009 : L’E.P.F Lorraine au chevet de la commune

Fin 2008, au terme de la seconde procédure de cession par adjudication aux enchères publiques, l’.E.P.F. Lorraine, en accord avec la commune, a fait valoir son droit de préemption et s’est substitué au repreneur, moyennant la coquette somme de 680.500€. La cession est conclue en 2009 après accord du conseil municipal en date du 30 janvier 2009.

2014 : Lancement des travaux de déconstruction 

Il aura encore fallu patienter cinq ans pour voir les engins prendre possession du site pour la première étape de la transformation avec la déconstruction de l’essentiel des 35.000 m² de bâtiments. Cinq longues années, pour les élus impatients que nous étions, consacrées à des études indispensables pour une reconversion réussie : étude diagnostic et d’opportunité, étude environnementale,
études pour le désamiantage, la dépollution au sens large et pour la déconstruction que nous appelions de nos vœux. Celle-ci débuta en septembre 2014, après que les bâtiments eurent été, durant le semestre qui a précédé, le théâtre d’hommes en scaphandre chargés du désamiantage. L’ampleur des travaux, leur côté spectaculaire avec nombre d’engins de chantier mobilisé pour la déconstruction, le broyage, le transport, a attiré un nombreux public, curieux et nostalgique pour les anciens de Victor Perrin.

Un chantier géré de manière exemplaire au niveau du développement durable et des procédures en vigueur par les prestataires soigneusement recrutés par l’E.P.F. Lorraine et dont les faits et gestes ont fait l’objet d’une surveillance bienveillante de la part du maître d’œuvre et de quelques élus ursiniens.

2017 : Cicatrisation de la cheminée et de deux bâtiments au caractère architectural exemplaire en guise de “fin” de travaux

Deux ans après l’achèvement de la déconstruction, nous sommes en mai 2017, d’autres entreprises ont pris le relais, cette fois pour mener à bien les travaux de cicatrisation de la cheminée de 43 m de haut et deux bâtiments au caractère architectural exemplaire que le Conseil Municipal d’Uxegney a fait le choix de conserver. Tant par souci de conserver une trace de ce passé industriel glorieux, au titre d’une sorte de devoir de mémoire, que pour favoriser la réussite de la reconversion. Le planning d’exécution prévoit la fin de ces travaux de cicatrisation selon le terme consacré pour l’automne 2017.

La mission de l’E.P.F. ne sera pas loin alors d’avoir été menée à son terme. Seule subsistera la question complexe du traitement de la zone FVP17, une dalle bétonnée actuellement confinée sous laquelle existent de forts soupçons de pollutions. Après traitement, plus rien ne s’opposera à la conclusion de la convention de portage foncier qui lie l’Etablissement Public Foncier de Lorraine à la commune d’Uxegney au travers d’une cession de cette plateforme à aménager de 5,5 ha et, commodité appréciable, aux investisseurs auxquels la commune a accepté de confier l’aménagement du secteur destiné au volet habitat. A ce stade, près de 4 millions d’euros d’argent public auront été investis.

2017-2018 : début de la reconversion – la commune en action. 

En effet, soucieuse respecter le scénario d’aménagement retenu en concertation avec l’E.P.F.L, et au moins autant d’ouvrir un nouveau chapitre, la commune a débuté très tôt ses recherches d’investisseurs après validation du programme fonctionnel. Un plan de route qui dressait les contours de la reconversion du site avec la création de trois zones : une zone habitat, une zone mixte dédiée aux services, aux commerces et aux logements collectifs et une zone de développement économique sur laquelle pourrait s’implanter sans source de nuisance des activités artisanales et de petites industries.

La première zone, celle qui intéresse tout particulièrement la commune pour amorcer le cercle vertueux et la dynamique d’ensemble et pourquoi le taire pour envisager des recettes fiscales nouvelles à taux constant, est à ce jour pré-commercialisée. Du reste, l’E.P.F. s’apprête à céder les trois lots du secteur dévolu à l’habitat : un premier pour la construction de huit logements conventionnés sous maitrise d’ouvrage de l’OPH Epinal (2.544 m²), un deuxième réservé aux primo-accédants sous forme de treize parcelles d’une contenance moyenne de 450 m² (pour un total 6.072 m²). Un troisième lot enfin verra l’émergence de dix-neuf pavillons de 64 m² chacun, équipé de domotique, pour personnes âgées non dépendantes (3.900 m²). Le tout autour des bâtiments conservés, de la cheminée et d’un espace public de verdure spacieux soigneusement aménagé et arboré.

Dans un deuxième temps, une parcelle d’environ 6.000 m² située à proximité immédiate de l’Avière, le long de la RD266, devrait accueillir un supermarché. Avec à la clé 2,5 millions d’euros d’investissements et la création d’une douzaine d’emplois. Une perspective qui confirme, si besoin était, le potentiel du site et l’intérêt qui lui est porté.

Afin de rendre possible ces opérations déterminantes pour le devenir d’UXEGNEY, la commune  devait au préalable réaliser les travaux de desserte et pour ce faire se mettre en conformité avec ses obligations au titre de la loi sur l’eau. La décision du Conseil Municipal de solliciter le label Eco-quartier et les séances de travail parfois passionnées qui ont suivi avec les maîtres d’œuvre, la DDT des Vosges et les architectes urbaniste et paysagiste missionnés par l’Etat ont contribué à la définition d’un programme de qualité tant sur le plan paysager qu’en terme de préservation, de gestion des eaux pluviales et de mise en valeur du patrimoine naturel.

Après la confirmation du soutien financier de l’Etat (D.E.T.R. et contrat de ruralité), de la Région et de l’Agence de l’Eau Rhin-Meuse, la phase travaux a pu débuter sereinement en février 2018. Avec en guise de hors-d’œuvre, la réhabilitation du lit majeur de l’Avière, le décaissement de près de 11.000 m3 de terre et la création d’une noue paysagère traversant le site d’Est en Ouest. Ces travaux sont achevés depuis la fin de l’été.

Les travaux d’aménagement de la voirie de desserte du site, appelée pénétrante, et celle relative aux îlots destinés à l’habitat, en forme de fer à cheval, sont achevés.

AUJOURD’HUI :

Cet imposant dossier, le plus imposant sans doute de l’histoire contemporaine d’Uxegney ne sera pas clos pour autant. L’espace public situé autour des bâtiments et de la cheminée devrait faire l’objet d’un programme d’aménagement au titre du budget 2020, avec nous l’espérons le soutien indéfectible de l’Etat. A plus longue échéance se posera la question de l’aménagement intérieur des deux bâtiments auxquels la commune souhaite donner une vocation culturelle et événementielle.

Parallèlement, par souci de cohérence, d’amélioration de la sécurité et désireux également de compléter l’offre de service aux Ursiniens, les élus ont donné leur accord à la dernière tranche d’aménagement de la RD 266 – rue de Mirecourt, au droit du site des Fils de Victor Perrin, avec à clé un soutien financier de l’Etat au titre de la DETR 2019 et des amendes de Police. Les travaux, eux, devraient débuter au printemps 2020.

L’entreprise des Fils de Victor Perrin et ses forces vives ont largement contribué à l’essor d’Uxegney depuis plus d’un siècle, à faire vivre des centaines de familles. L’âme de ces conquérants continuera d’animer longtemps encore, nous l’espérons, les élus Ursiniens.

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